« Les habitudes c’est pour les chiens! »
C’était ce que me répétait mon père encore et encore, parce qu’il n’admettait pas que j’aie des habitudes, des rituels à respecter pour me sentir en sécurité, pour ne pas être perturbée. Il faut croire que je suis un chien, car des habitudes, j’en ai et je ne peux pas vivre sans. Mes habitudes font partie de mes repères. Et j’ai besoin de mes repères pour me sentir en sécurité, pour avoir le sentiment que tout va bien, que rien ne peut arriver.
J’ai toujours du suivre les mêmes chemins pour aller d’un endroit à l’autre. Je suivais le même chemin pour aller à l’école, pour aller nager, pour me balader en vélo, plus tard pour aller travailler. C’étaient et ce sont toujours des habitudes et changer de chemin pour aller quelque part me perturbe, me met mal à l’aise. En quelque sorte, quelque chose n’est pas à sa place et je me sens mal. Je dois absolument avoir le sentiment sécurisant que le monde autour de moi est et restera toujours le même.
Je sais que ce n’est pas bien, mais le matin il faut que je me lave les dents avant de manger et non après. Je suis incapable de commencer une journée, de prendre un petit déjeuner, de boire un café si je ne me suis pas préalablement lavé les dents et lavée tout court aussi d’ailleurs. On me rétorque nombre de fois que le goût de la menthe du dentifrice mélangée au café est dégueulasse, et bien je ne suis pas d’accord, j’ai l’habitude de faire ainsi depuis mon enfance et je ne changerai pas. D’ailleurs je ne pourrais pas changer.