Je me sens mal dans notre époque. Je ne la comprends pas. Je me suis souvent demandée si je n’aurais pas du naître à une époque différente.
Quand je lis des romans qui se passent dans le passé proche ou lointain, je ressens une espèce de nostalgie, de tristesse, d’être née maintenant et non pas à l’époque où se passe le livre. Mais peut-être est-ce un leurre. Peut-être suis-je simplement prise par la magie du livre et le talent de l’écrivain. Peut-être l’auteur a t’il idéalisé l’époque de son roman et peut-être n’a t’elle été ainsi que pour lui et totalement différente pour les gens qui ont réellement vécu dans ce temps-là?
Toujours est-il que je me sente mal dans mon époque et pas du tout en accord avec celle-ci. Je me rapproche bien plus des valeurs de la chevalerie : l’honnêteté, la droiture, le respect des valeurs et des gens, la défense de la veuve et l’orphelin, le combat contre l’injustice. Je n’arrive pas à réaliser que certaines personnes vivent sans respecter ces principes ou alors pire, exigent des autres qu’ils les respectent sans le faire eux-mêmes. C’est malheureusement le cas de nombre de politiciens, fonctionnaires, enseignants…
On me répète souvent, très souvent que je suis idéaliste et que cela prouve mon manque de maturité. Je devrais comprendre à mon âge, qu’il y a l’apparence et la réalité. Que l’apparence veut que l’on croie et que l’on fasse semblant d’être convaincu que tout fonctionne comme il faut, mais que lorsque besoin est, on sache que telle ou telle chose ne fonctionne pas, que tel ou tel est corrompu ou malhonnête, mais surtout… sans le dire, en le gardant bien tout au fond de soi.
Pour moi ce n’est pas possible. Quand une personne se contredit ou agit en contradiction avec les principes qu’elle prône ou pire avec la loi, je ne peux pas l’admettre, faire semblant de rien ou ne rien dire. De là provient le fait que je ne suis pas du tout aimée, car les rares fois où je prends la parole c’est justement pour dénoncer ce genre de faits, d’actes ou de paroles. Car lorsque tout va bien, je n’éprouve pas le besoin de parler… puisque tout va bien, il n’y a rien à dire! Et mon problème est que je ne m’exprime que lorsque des membres de la famille, des proches ou moi-même sommes lésés. Et mon problème est également le fait que ce que j’essaie d’exprimer n’est pas nécessairement ce que je parviens à exprimer, en plus du fait que ce que j’exprime place certaines personnes dans leur tort, ce qu’elles n’apprécient pas.
Souvent on me fait passer pour quelqu’un que je ne suis pas du tout à cause de cela. Parce que je m’insurge contre un fonctionnaire, un élu ou un enseignant qui n’a pas respecté la loi ou la règle ou encore ses propres principes ou qui s’est contredit, ceux-là même qui ont agi ainsi me font passer pour une personne réfractaire à la loi, aux autorités… alors que c’est tout le contraire! Mais j’ai appris également que dans notre société ce sont généralement ceux qui sont en tort, ceux qui sont malhonnêtes et hypocrites qui savent le mieux manipuler et qui donc sont crus en cas de litiges.
Mais je m’en moque. Je vis en suivant ma ligne de vie, mes principes et le premier de mes principes est « Ne fais jamais à autrui ce que tu ne voudrais pas que l’on te fasse » ou encore « La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres ». Ces deux grands principes sont compatibles. Je les applique strictement pour mes enfants et moi et j’entends qu’ils soient respectés à mon égard également.