On peut appeler cela « méditation » ou « recueillement », moi j’appelle cela me « déconnecter » et j’en ai besoin très souvent.
On me dit « distraite » parce que la plupart du temps je ne me rends même pas compte que je « déconnecte ». Durant ces moments-là, je ne suis plus là : je suis partie dans mes pensées, dans mes rêves, dans mes dissertations intérieures et c’est vraiment comme si j’étais ailleurs tout en étant là. Il faut littéralement tambouriner à ma porte virtuelle pour que je revienne, pour que je « reconnecte ». Maintenant, à mon âge actuel, j’y arrive plus facilement bien que parfois cela m’agace, mais lorsque j’étais plus jeune cela m’énervait vraiment d’être obligée de me « reconnecter » alors que je n’en n’avais pas envie ou que je n’étais pas prête et de toutes manières en étant reconnectée de force, mes capacités ne fonctionnaient pas « à plein rendement » et donc je ne faisais rien de bon.
A certains moments même, on m’appelait en insistant, je « reconnectais », mais il suffisait d’un « blanc » de quelques secondes pour que mon esprit s’évade et que je « déconnecte » à nouveau! En regardant en arrière je me rends compte à quel point cela devait et doit être agaçant pour les personnes qui m’entourent et essaient de capter mon attention, mais encore une fois, je ne le fais pas exprès et certainement pas pour ennuyer ceux qui m’entourent, loin de là.
Dans ces moments-là, je pense à tout et à rien, à des choses importantes ou non, à des choses qui me tracassent, à des soucis, à une histoire que je suis en train d’écrire ou que je projette d’écrire.
Quand j’étais enfant, je « déconnectais » en me balançant sur Balthazard, mon petit cheval à bascule, ou en roulant à vélo : je tournais toujours en rond au fond du cul-de-sac du terrain privé situé juste au-dessus de la rue où habitaient mes grands-parents, ou encore en me balançant sur ma balançoire ainsi qu’en me promenant à pieds dans la campagne ou en ville. Je pouvais me balancer des heures et des heures sur mon cheval ou ma balançoire. Je pouvais tourner en rond durant des heures et des heures avec mon vélo. Je pouvais marcher des heures, traverser la ville à pieds, faire des kilomètres dans la campagne. L’essentiel pour moi était de « déconnecter » et je n’avais même plus conscience du balancement ou de la route. Durant ces périodes, j’inventais des histoires que plus tard je transcrivais dans un cahier.